Publié le 16 septembre 2026
La création du Dividende climat par Team for the Planet est lié à un choix radical qui a été fait : ne pas verser les bénéfices financiers à nos membres.
L’objectif de Team for the Planet n’est pas de maximiser l’argent redistribué aux personnes qui investissent, mais de maximiser leur impact sur le climat. Les gains générés par les innovations que nous finançons ont donc vocation à être réinvestis pour financer de nouvelles solutions capables, à leur tour, de réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre.
Mais ce choix nous a rapidement confrontés à une question essentielle.
Si nos membres n’attendent pas de rendement financier, comment peuvent-ils mesurer le retour climatique de leur investissement ?
Comment savoir ce que leur argent a réellement permis d’accomplir ? Comment comparer l’impact de 100 €, 1 000 € ou 10 000 € investis dans des solutions pour le climat ?
Et surtout : comment éviter de se contenter de belles histoires, de promesses ou d’indicateurs difficiles à comparer entre eux ?
C’est précisément de cette question qu’est née l’idée du Dividende Climat.
À l’origine de cette réflexion, on cherchait un moyen simple de mesurer le « rendement climatique » de l'argent alloué à un projet. Or il n’existait pas réellement d’indicateur standardisé permettant de répondre simplement à cette question.
L’idée s’est alors imposée : et si l’on créait l’équivalent climatique du dividende financier ?
Le principe du dividende financier est connu.
Une entreprise exerce une activité, crée de la valeur économique, réalise éventuellement des bénéfices et peut décider d’en distribuer une partie à ses actionnaires.
Le dividende rend ainsi visible une partie de la valeur économique créée par l’entreprise mais certaines entreprises créent également une autre forme de valeur.
Elles développent un matériau moins carboné. Elles remplacent un procédé industriel fortement émetteur. Elles permettent de produire de l’énergie sans combustible fossile. Elles améliorent l’efficacité énergétique d’un bâtiment. Elles prolongent la durée de vie d’un objet. Elles réduisent la consommation de carburant d’un navire,...
Autrement dit, leur activité peut permettre d’émettre moins de gaz à effet de serre qu’elle ne l’aurait fait sans elles.
Cette valeur climatique existe mais pendant longtemps, il a été beaucoup plus difficile de la mesurer, de la standardiser et surtout de la relier aux investisseurs qui ont permis à ces solutions de se développer.
Le Dividende Climat repose sur une idée très simple : 1 tonne de CO₂e évitée ou séquestrée = 1 Dividende Climat.
Une entreprise peut donc mesurer les émissions évitées ou séquestrées grâce à son activité et, lorsque les conditions sont réunies, émettre les Dividendes Climat correspondants.
Ceux-ci peuvent ensuite être attribués à ses actionnaires. Le Dividende Climat devient alors en quelque sorte le miroir climatique du dividende financier.
D’un côté, la valeur économique créée. De l’autre, la valeur climatique créée.
Le Dividende Climat est un indicateur extra-financier qui mesure la contribution positive d’une entreprise à la décarbonation de l’économie.
Il s’intéresse en particulier aux émissions de gaz à effet de serre que les solutions commercialisées par une entreprise permettent d’éviter ou, dans certains cas, de séquestrer.
Prenons un exemple volontairement simple :
Imaginons une entreprise qui développe une technologie permettant à une usine de sécher ses produits avec beaucoup moins d’énergie fossile. Avant l'installation de cette technologie, l’usine émet par exemple 1 000 tonnes de CO₂e par an pour cette opération. Avec la nouvelle solution, elle n’en émet plus que 600.
Toutes choses égales par ailleurs, 400 tonnes de CO₂e ont donc été évitées par rapport à la situation de référence.
C’est cette différence que l’on cherche à mesurer.
Le raisonnement paraît simple. Dans la réalité, il faut évidemment prendre en compte de nombreux paramètres : la durée de vie des équipements, leur propre empreinte carbone, le mix énergétique, le scénario qui aurait réellement eu lieu sans la solution, les différents acteurs ayant contribué à sa mise sur le marché, etc.
C’est précisément pour cela que le Dividende Climat repose sur une méthodologie commune et standardisée.
C’est probablement l’une des notions les plus importantes pour comprendre le Dividende Climat.
Depuis plusieurs années, les entreprises apprennent à mesurer leur empreinte carbone.
C’est indispensable.
Une entreprise doit savoir combien de gaz à effet de serre son activité génère, directement ou indirectement, puis chercher à réduire cette empreinte.
Mais cela ne répond pas à une autre question : « Est-ce que les produits ou services que cette entreprise met sur le marché permettent au reste de l’économie d’émettre moins ? »
Prenons l’exemple donné par l’ADEME d’un fabricant de panneaux solaires.
Fabriquer un panneau solaire génère des émissions : extraction et transformation des matières premières, fabrication, transport, installation…
L’entreprise a donc bien une empreinte carbone.
Mais son produit permet ensuite de produire de l’électricité en substitution à des sources d’énergie potentiellement beaucoup plus carbonées.
Elle peut donc simultanément émettre du CO₂ dans le cadre de son activité et contribuer à éviter des émissions beaucoup plus importantes ailleurs dans l’économie.
Ces deux informations ne doivent surtout pas être mélangées.
Le bilan carbone répond à la question : « Quelle est mon empreinte ? »
Le Dividende Climat répond à une autre question : « À quelle décarbonation ai-je contribué grâce aux solutions que j’ai mises sur le marché ? »
Ce sont deux indicateurs différents et complémentaires.
Dire qu’une tonne de CO₂ a été « évitée » suppose nécessairement de répondre à une question : évitée par rapport à quoi ?
C’est tout l’enjeu du scénario de référence.
Si une innovation n’avait pas existé, quelle solution aurait probablement été utilisée à sa place ?
Prenons une entreprise qui commercialise un nouveau système de chauffage consommant moins d’énergie.
Pour calculer les émissions évitées, il ne suffit pas de mesurer ce qu’émet son système.
Il faut déterminer ce que le client aurait vraisemblablement utilisé sans cette solution, calculer les émissions correspondantes, puis comparer les deux situations.
C’est la différence entre ces deux scénarios qui permet d’évaluer les émissions évitées.
Cette logique est importante parce qu’elle évite un raisonnement trop simpliste consistant à considérer toute technologie présentée comme « verte » comme automatiquement positive.
Le protocole du Dividende Climat s’appuie notamment sur les travaux existants en matière d’émissions évitées et sur les recommandations du World Business Council for Sustainable Development (WBCSD).
C’est évidemment l’un des principaux risques lorsqu’on parle d’impact environnemental.
Une entreprise pourrait être tentée d’annoncer : « Notre produit a évité 100 000 tonnes de CO₂ cette année. »
Mais comment ce chiffre a-t-il été obtenu ? Quel scénario de référence a été utilisé ? A-t-on pris en compte l’ensemble du cycle de vie de la solution ? Les mêmes émissions ont-elles été revendiquées par plusieurs acteurs ? Le chiffre a-t-il été vérifié ?
Sans règles communes, comparer deux entreprises deviendrait pratiquement impossible.
Le Dividende Climat repose donc sur un protocole public, avec des critères d’éligibilité, des méthodes de calcul, des règles d’attribution et une obligation de vérification par un tiers indépendant. La transparence des déclarations fait également partie des principes du dispositif.
L’objectif est de transformer une affirmation très vague — « notre entreprise est bonne pour le climat » — en quelque chose de beaucoup plus précis :
voici la quantité d’émissions évitées ou séquestrées que notre activité a permis de générer, voici comment elle a été calculée et voici comment ce calcul a été vérifié.
La décarbonation est rarement le résultat d’un seul acteur.
Prenons une innovation industrielle.
Il peut y avoir l’entreprise qui invente la technologie, celle qui produit certains composants, celle qui l’installe, celle qui la commercialise et enfin le client qui l’utilise.
Tous ont potentiellement joué un rôle.
Mais on ne peut évidemment pas permettre à cinq acteurs différents de revendiquer chacun 100 % des mêmes émissions évitées.
Le protocole prévoit donc des mécanismes permettant de répartir l’impact entre les différents acteurs ayant contribué à la chaîne de valeur.
C’est un point essentiel : le but n’est pas de fabriquer artificiellement de l’impact, mais de mieux comptabiliser la contribution réelle des différents acteurs à la décarbonation.
Autre distinction essentielle : le Dividende Climat n’est pas un crédit carbone.
Si vous recevez des Dividendes Climat correspondant à 10 tonnes de CO₂e évitées, cela ne signifie pas que vous pouvez soustraire 10 tonnes de vos propres émissions.
Vous ne pouvez pas dire : « J’ai émis 20 tonnes mais j’ai reçu 10 Dividendes Climat, donc je n’en ai finalement émis que 10. »
Ce n’est pas son rôle.
Le Dividende Climat ne cherche pas à effacer l’empreinte carbone de celui qui le détient.
Il mesure sa contribution au financement de solutions qui participent à la décarbonation de l’économie.
C’est donc une logique de contribution plutôt que de compensation.
Cette différence est fondamentale : chacun reste responsable de la réduction de sa propre empreinte, indépendamment des solutions pour le climat qu’il peut financer par ailleurs.
C’est ici que le mécanisme revient à la question qui lui a donné naissance.
Des citoyens et des entreprises investissent dans Team for the Planet.
Team for the Planet utilise cet argent pour identifier, financer et accompagner des innovations capables de contribuer massivement à la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Ces entreprises développent leurs solutions. Elles les commercialisent. Les solutions commencent à être utilisées à plus grande échelle. Et lorsqu’elles remplacent des alternatives plus carbonées, elles permettent d’éviter des émissions.
Ces émissions évitées sont calculées selon la méthodologie du Dividende Climat et font l’objet d’une vérification indépendante.
Les Dividendes Climat correspondants peuvent alors être attribués à leurs actionnaires, dont Team for the Planet.
Puis Team for the Planet peut à son tour attribuer les Dividendes Climat reçus à ses propres actionnaires.
C’est une manière de créer progressivement un lien entre l’euro investi au départ et l’impact climatique réellement produit plusieurs années plus tard.
Cette différence peut sembler subtile.
Elle est en réalité fondamentale.
Il existe aujourd’hui énormément de placements, de fonds ou d’entreprises qui se présentent comme « verts », « durables », « responsables » ou « à impact ».
Mais ces termes ne répondent pas nécessairement à une question très concrète : quel impact climatique mesurable mon investissement a-t-il contribué à produire ?
C’est précisément ce que nous voulions pouvoir mesurer chez Team for the Planet et le Dividende Climat rend cette contribution visible.
L’intérêt du Dividende Climat dépasse donc largement la simple communication de l’impact d'une entreprise. Il pose une question beaucoup plus profonde sur le rôle de l’investissement.
Aujourd’hui, deux entreprises peuvent être évaluées très précisément sur leur performance économique. On peut connaître leur chiffre d’affaires, leur rentabilité, leur croissance, leur valorisation, leur niveau d’endettement ou encore les dividendes financiers qu’elles ont distribués.
En revanche, lorsqu’on veut comparer leur contribution à la transition climatique, les outils sont beaucoup moins matures.
Le Dividende Climat apporte une nouvelle dimension à cette analyse.
Imaginons deux investissements de 1 million d’euros. Ils peuvent avoir le même rendement financier mais le premier peut contribuer au déploiement d’une solution évitant relativement peu d’émissions alors que le second contribue à en éviter des milliers. Du seul point de vue financier, ces deux investissements peuvent sembler comparables.
Du point de vue climatique, ils ne le sont pas nécessairement.
Pouvoir mesurer cette différence permet de commencer à poser une nouvelle question :
quel est le rendement climatique de mon capital ?
C’est probablement l’ambition la plus importante derrière le Dividende Climat. Notre économie a développé, depuis des siècles, un langage extrêmement sophistiqué pour parler de valeur financière. Nous savons mesurer un rendement à la virgule près. Nous savons comparer deux placements. Nous savons calculer la création de valeur d’un investissement sur dix ou vingt ans. Nous savons attribuer cette valeur entre différents actionnaires.
Mais nous savons encore beaucoup moins bien mesurer la valeur climatique créée par le capital. C'est justement le rôle du Dividende Climat .
Pas en remplaçant les indicateurs financiers. Pas en remplaçant le bilan carbone. Pas en transformant les tonnes de CO₂ en euros.
Mais en ajoutant une information qui manque encore souvent à l’investisseur : la quantité de décarbonation à laquelle son capital a contribué.
C’est pour cela que Team for the Planet a créé et fait émerger le Dividende Climat.
Parce qu’au moment de décider de ne pas distribuer de dividendes financiers, une autre question apparaissait immédiatement : si le rendement que nous cherchons avant tout est climatique, alors il faut être capable de le mesurer.
Le Dividende Climat constitue une réponse à cette question.
Une unité volontairement simple :
1 Dividende Climat = 1 tonne de CO₂e évitée ou séquestrée.
Derrière cette simplicité se trouve évidemment un travail beaucoup plus complexe de mesure, de méthodologie, d’attribution, de transparence et de vérification.
Mais l’objectif final reste très facile à comprendre.
Pendant longtemps, lorsqu’un investisseur évaluait la réussite de son investissement, une question dominait toutes les autres : « Combien mon argent m’a-t-il rapporté ? »
Notre conviction est qu’à l’avenir, cette question restera importante.
Mais qu’elle pourra être accompagnée d’une deuxième : « Combien de tonnes de CO₂ mon argent a-t-il contribué à éviter ? »
C’est précisément cette deuxième réponse que le Dividende Climat veut rendre visible.